L'architecture koweïtienne se lit comme le récit accéléré d'une transformation urbaine. En un demi-siècle, une petite ville portuaire ceinte d'un mur de terre est devenue une capitale de tours de verre, au prix d'une disparition presque totale du tissu ancien.
Jusqu'aux années 1950, la ville tenait derrière une muraille de terre percée de portes dont plusieurs ont été conservées le long de l'actuelle ceinture verte. Les habitations s'organisaient autour d'une cour centrale, avec des murs épais mêlant pierre de corail et plâtre, des menuiseries ajourées et des terrasses où l'on dormait la nuit. La maison du Sadu et la maison Al-Badr donnent une idée de ce mode de construction adapté à la chaleur.
Le plan directeur confié en 1952 à un cabinet britannique organise la capitale en anneaux concentriques et repousse les habitants vers des banlieues résidentielles. Les grands noms de l'architecture internationale se succèdent ensuite. Jørn Utzon signe le bâtiment de l'Assemblée nationale, achevé en 1982, dont les auvents de béton plissé évoquent les tentes bédouines et les souks couverts. Michel Écochard conçoit le Musée national, ouvert en 1983 et gravement endommagé pendant l'occupation irakienne.
Les Tours du Koweït, inaugurées en mars 1979, restent le symbole du pays. Dessinées par l'architecte danoise Malene Björn, elles culminent à 187 mètres pour la plus haute et associent réservoirs d'eau, restaurant et sphère panoramique qui effectue un tour complet en 30 minutes. Fermées pour travaux de 2012 à 2016, elles ont rouvert au public. La Tour de la Libération atteint 372 mètres et la Al Hamra Tower, livrée en 2011 par l'agence Skidmore, Owings and Merrill, s'élève à 414 mètres sur 85 étages, sa paroi de béton s'effaçant progressivement du côté du soleil.
La Grande Mosquée de Koweït, ouverte en 1986, occupe 45 000 mètres carrés et peut recevoir environ 10 000 fidèles dans sa salle de prière principale, sous une coupole de 43 mètres de haut. Son minaret emprunte au vocabulaire andalou. Les mosquées de quartier, beaucoup plus sobres, ponctuent l'ensemble des zones résidentielles.
Le district culturel national, ouvert à partir de 2016, a mobilisé plus d'un milliard de dollars et regroupe salles de spectacle, musées et centre de conférences. Un mouvement de valorisation du patrimoine moderne s'organise en parallèle, porté par des associations et des chercheurs qui documentent les bâtiments des années 1960 et 1970 menacés de démolition.