L'artisanat koweïtien découle directement des deux économies qui ont fait vivre le pays avant le pétrole, la mer et le désert. Chaque savoir-faire répondait à un besoin précis, l'équipement des tentes ou l'armement des boutres, avant de devenir objet de collection et enjeu de sauvegarde patrimoniale.
Le sadu désigne le tissage bédouin réalisé sur un métier à sangle posé au sol, à partir de laine de mouton et de poil de chèvre ou de chameau. Les femmes y produisaient les pans de tente, les sangles de selle et les tapis, avec des motifs géométriques rouges, noirs et blancs qui signalaient l'appartenance tribale. L'UNESCO a inscrit ce tissage sur sa liste représentative du patrimoine culturel immatériel en décembre 2020, conjointement avec l'Arabie saoudite. La maison du Sadu, installée dans une demeure ancienne du front de mer, réunit atelier, musée et coopérative de tisserandes.
Les charpentiers de marine koweïtiens fournissaient autrefois toute la région en boutres, du petit bateau perlier au grand boum de commerce reliant l'Inde et l'Afrique de l'Est. Les coques étaient assemblées sans plan écrit, à partir de bois de teck importé. Un chantier subsiste au village de Doha, au nord de la capitale, et le Musée maritime conserve plusieurs bâtiments restaurés.
L'orfèvrerie occupe un souk entier dans le centre de Koweït, où l'or se vend au poids selon le cours du jour. Les parfumeurs préparent des mélanges à base de oud, ce bois d'agar brûlé en encens, de safran et de musc. La broderie de fil métallique doré, appelée zari, orne les tenues de mariage et les vestes portées lors des fêtes.
Le coffre de marin, cloué de laiton et rapporté d'Inde ou fabriqué sur place, reste un objet emblématique des intérieurs anciens. La vannerie de feuilles de palmier servait aux nattes, aux paniers et aux couvre-plats. Ces productions ont presque disparu de l'usage courant et se maintiennent grâce à des ateliers de démonstration et à la demande touristique.
Plusieurs structures publiques et associatives soutiennent ces métiers, au premier rang desquelles le Conseil national de la culture, des arts et des lettres et la société Al Sadu, active depuis les années 1980. Les souks de la vieille ville, en particulier le souk Al-Mubarakiya, restent le lieu le plus accessible pour observer ces savoir-faire et acheter des pièces produites localement.