Le Koweït a joué un rôle de laboratoire musical pour toute la péninsule Arabique. Ses premiers artistes ont gravé des disques dès les années 1910, bien avant leurs voisins, et la ville a servi de point de passage entre les répertoires arabes, persans, indiens et est-africains apportés par les marins et les commerçants.
Le sawt constitue le genre le plus caractéristique du pays. Il associe un chanteur qui s'accompagne au oud, un joueur de mirwas, petit tambour à deux peaux, et des danseurs qui frappent des mains sur un rythme syncopé. Abdallah al-Faraj, mort en 1901, en est considéré comme le principal codificateur. Le répertoire puise dans la poésie arabe classique et se transmet encore lors des soirées privées.
Le fijiri accompagnait les campagnes de pêche perlière qui faisaient vivre le pays avant le pétrole. Chanté par un chœur d'hommes soutenu par des percussions et des jarres de terre, il rythmait le travail à bord et les veillées. Sa pratique a décliné avec la fin de la plongée perlière dans les années 1930 et 1940, mais des troupes de sauvegarde le font entendre lors des festivals du patrimoine.
La musique khaliji moderne, diffusée dans l'ensemble du Golfe, doit beaucoup aux studios koweïtiens. Abdallah Al Rowaished et Nabil Shuail comptent parmi les interprètes masculins les plus écoutés depuis les années 1980, tandis que Nawal El Kuwaitia figure parmi les chanteuses les plus populaires de la région. Les concerts se multiplient pendant le ramadan et autour des fêtes nationales de février.
Le Centre culturel Cheikh Jaber Al-Ahmad, inauguré en octobre 2016 dans la capitale, abrite le plus grand opéra du Moyen-Orient et totalise environ 5 700 places réparties entre plusieurs salles. L'Institut supérieur des arts musicaux forme instrumentistes et enseignants. En dehors de ces institutions, la vie musicale demeure largement privée, une grande partie des soirées se déroulant dans les diwaniyas et lors des mariages, où hommes et femmes se réunissent séparément.
Le oud, le qanoun, la flûte nay et une famille de tambours forment la base instrumentale. La danse la plus visible reste l'ardah, exécutée en ligne par des hommes portant le sabre, au son des tambours et de la poésie chantée, lors des fêtes nationales et des mariages.