La peinture koweïtienne

Le Koweït a été le premier pays du Golfe à financer des bourses artistiques pour ses étudiants, dès 1936. Cette avance explique la densité relative de sa scène plastique et le rôle de modèle qu'elle a longtemps joué auprès de ses voisins.

Pionniers du portrait

Mojeb al-Dosari, mort en 1956, passe pour le premier artiste plasticien reconnu de la région et pour le fondateur du portrait dans le Golfe. Formé au Caire, il peint des visages de commerçants, de pêcheurs et de notables à une époque où la représentation figurée restait rare. Ses toiles constituent aujourd'hui un témoignage visuel précieux sur la société d'avant le pétrole.

Circulisme et abstraction

Khalifa Al-Qattan, disparu en 2003, organise la première exposition personnelle du pays et théorise au début des années 1960 le circulisme, une démarche fondée sur le cercle comme structure de la composition et de la perception. Son œuvre mêle symbolisme, critique sociale et paysages oniriques.

Atelier libre et formation

L'Atelier libre, ouvert en 1960 sous l'égide du ministère de l'Éducation, met des locaux, du matériel et un encadrement à disposition des artistes amateurs comme confirmés. Il a formé la plupart des peintres et sculpteurs koweïtiens des générations suivantes, parmi lesquels le sculpteur Sami Mohammad, connu pour ses bronzes de corps entravés et pour ses œuvres consacrées à l'occupation de 1990.

Voix féminines et scène actuelle

Thuraya Al-Baqsami, née en 1952 et formée à Moscou, associe peinture, gravure et écriture. Les carnets qu'elle a réalisés pendant l'occupation irakienne l'ont fait connaître hors du pays. La génération suivante travaille davantage la photographie, l'installation et la vidéo, souvent en dialogue avec les questions de mémoire urbaine et de condition des travailleurs étrangers.

Lieux d'exposition

La Sultan Gallery, première galerie d'art arabe professionnelle du Golfe, a ouvert la voie au marché local. Le Musée national, la Contemporary Art Platform et plusieurs galeries privées de la capitale assurent une programmation régulière. La collection Al-Sabah, conservée par la fondation Dar al-Athar al-Islamiyyah, donne en outre au pays un poids considérable dans la conservation de l'art islamique, avec des milliers de pièces couvrant 13 siècles.