Le droit koweïtien des affaires combine un fonds civiliste d'inspiration égyptienne et française avec des règles issues du droit musulman, présentes surtout en matière de statut personnel et de finance islamique. Le code de commerce, la loi sur les sociétés et les textes sectoriels forment l'ossature applicable aux entreprises. Depuis la dissolution de l'Assemblée nationale en mai 2024, les textes nouveaux prennent la forme de décrets-lois émis par l'émir sur proposition du gouvernement.
La loi 116 de 2013 sur l'investissement direct étranger permet, par dérogation à la règle générale limitant la participation étrangère à 49% du capital, de détenir jusqu'à 100% d'une société de droit koweïtien. L'autorisation relève de la Kuwait Direct Investment Promotion Authority, qui délivre les licences, apprécie les projets au regard du transfert de technologie et de la création d'emplois nationaux, et peut accorder des exonérations fiscales et douanières pouvant atteindre 10 ans. Une liste négative exclut certaines activités, au premier rang desquelles l'exploration et la production de pétrole brut.
Le Koweït ne prélève ni impôt sur le revenu des personnes physiques ni taxe sur la valeur ajoutée. Les sociétés étrangères sont en revanche imposées au taux de 15% sur les bénéfices réalisés dans le pays. Un impôt complémentaire minimum de 15% s'applique depuis le 1er janvier 2025 aux groupes multinationaux dont le chiffre d'affaires consolidé dépasse 750 millions d'euros, en application des règles internationales sur l'imposition minimale des bénéfices. Les sociétés par actions koweïtiennes acquittent par ailleurs une contribution de 1% au titre de la zakat, une contribution de 1% au fonds pour l'avancement des sciences et, lorsqu'elles sont cotées, un prélèvement de 2,5% destiné au soutien de l'emploi national.
La loi 6 de 2010 régit les relations de travail dans le secteur privé et fixe la durée hebdomadaire à 48 heures, les congés annuels à 30 jours et une indemnité de fin de service proportionnelle à l'ancienneté. L'autorité publique de la main-d'oeuvre délivre les permis de travail, qui restent attachés à l'employeur. Des quotas de recrutement de nationaux s'appliquent selon les secteurs d'activité.
Les litiges commerciaux relèvent des chambres commerciales des tribunaux koweïtiens, qui statuent en arabe. Le pays a ratifié la convention de New York sur la reconnaissance et l'exécution des sentences arbitrales étrangères et dispose d'un centre d'arbitrage rattaché à la chambre de commerce. Les contrats conclus avec des entités publiques comportent fréquemment une clause de compétence des juridictions locales.