L'économie koweïtienne demeure l'une des plus dépendantes du pétrole au monde. Les hydrocarbures fournissent environ 90% des recettes budgétaires et près de la moitié du produit intérieur brut, et représentent l'essentiel des exportations de marchandises. Les réserves prouvées de brut avoisinent 94 milliards de barils, soit environ 7% du total mondial, ce qui garantit plusieurs décennies de production au rythme actuel. La production s'est établie autour de 2,4 millions de barils par jour en 2024, sous la contrainte des quotas décidés dans le cadre de l'OPEP et de ses partenaires.
Le produit intérieur brut avoisinait 161 milliards de dollars en 2024, pour un revenu par habitant de l'ordre de 32 000 dollars. L'activité s'est contractée cette année-là sous l'effet des coupes de production pétrolière, avant un retour à la croissance estimé autour de 2,7% en 2025. L'inflation est restée mesurée, à environ 2,9% en 2024 puis 2,4% en 2025.
La dépense publique repose largement sur les salaires et les subventions, qui en absorbent une part prépondérante. Le solde budgétaire est devenu déficitaire à partir du milieu des années 2010, le prix du baril nécessaire à l'équilibre demeurant élevé. Une loi sur la dette publique adoptée en mars 2025 a rouvert l'accès aux marchés obligataires après une interruption de plusieurs années, en autorisant un encours pouvant atteindre 30 milliards de dinars sur une durée de 50 ans.
La Kuwait Investment Authority, héritière d'un bureau d'investissement créé à Londres en 1953, constitue le plus ancien fonds souverain du monde. Elle gère le Fonds de réserve général et le Fonds de réserve pour les générations futures, institué en 1976 et alimenté chaque année par une fraction des recettes de l'État. Ses actifs sous gestion ont dépassé 1 000 milliards de dollars en 2025, ce qui place le Koweït parmi les tout premiers investisseurs institutionnels publics de la planète.
Le plan Vision 2035, présenté sous le nom de New Kuwait, ambitionne de transformer le pays en centre financier et commercial régional. Il s'appuie sur des projets d'infrastructures, dont l'extension de l'aéroport international, la ville de Soie et la mise en valeur des îles du nord. L'avancement reste lent, les institutions financières internationales relevant régulièrement le poids de la bureaucratie et l'instabilité des arbitrages politiques.