Aucune loi koweïtienne n'autorise la création de partis politiques, et aucune formation ne dispose d'une existence juridique. La vie politique s'est néanmoins structurée autour de blocs parlementaires, d'associations et de listes informelles qui fonctionnaient comme des partis sans en porter le nom. Les candidats se présentaient à titre individuel, mais leur appartenance à un courant était connue des électeurs.
Le paysage réunissait des islamistes sunnites proches des Frères musulmans regroupés dans le Mouvement constitutionnel islamique, des salafistes, des libéraux rassemblés notamment au sein du Forum démocratique national, des représentants chiites et de nombreuses personnalités tribales. Les grandes tribus du nord et de l'ouest organisaient des primaires officieuses pour désigner leurs candidats, pratique pourtant interdite par la loi. Les alliances se recomposaient au gré des interpellations ministérielles plus que sur la base de programmes.
Le droit de vote appartenait aux seuls citoyens âgés d'au moins 20 et un ans, les militaires et les policiers en étant exclus. Les naturalisés devaient attendre 20 ans avant de pouvoir participer au scrutin. Ce corps électoral restreint représentait environ un cinquième de la population résidente, ce qui accentuait le décalage entre la société réelle et la représentation politique.
Les diwaniyas, ces réunions tenues au domicile des familles, constituent depuis longtemps le lieu privilégié de la délibération politique koweïtienne. Elles servent de relais aux campagnes électorales, de tribune pour les critiques adressées au gouvernement et d'espace de médiation entre les groupes sociaux. Les réseaux sociaux, très utilisés dans le pays, ont prolongé cette fonction sans la remplacer.
La dissolution de l'Assemblée nationale en mai 2024 et la suspension de plusieurs articles constitutionnels ont interrompu ce fonctionnement. Les blocs parlementaires n'ont plus de cadre institutionnel, plusieurs figures de l'opposition ont fait l'objet de poursuites judiciaires ou de retraits de nationalité, et l'expression politique s'est repliée vers les diwaniyas et les plateformes en ligne. Le pouvoir a annoncé une révision de la Constitution avant tout retour aux urnes.