Les non-nationaux forment environ 70% de la population résidente à la fin de 2025. Les ressortissants indiens, égyptiens, bangladais, philippins, pakistanais, sri-lankais et népalais composent l'essentiel de cet ensemble, aux côtés de communautés arabes plus anciennes, notamment syrienne, libanaise et jordanienne. Le titre de séjour reste lié à un contrat de travail et ne débouche pratiquement jamais sur la naturalisation, ce qui maintient ces groupes dans une situation de résidence renouvelable.
Les bidoun, littéralement sans nationalité, descendent de familles présentes sur le territoire au moment de l'adoption de la loi sur la nationalité de 1959 mais qui n'ont pas été enregistrées comme citoyennes. Les autorités les qualifient de résidents en situation irrégulière depuis 1986 et ont confié leur dossier à un organisme spécialisé créé en 2010. Le gouvernement recense environ 93 000 personnes documentées, tandis que Human Rights Watch avance des estimations supérieures à 100 000.
Les bidoun rencontrent des difficultés pour obtenir des actes de naissance, de mariage et de décès, ainsi que des documents de voyage. Leur accès à l'enseignement public et à l'emploi dans la fonction publique demeure restreint, une partie d'entre eux dépendant de dispositifs d'aide spécifiques. Des manifestations réclamant la citoyenneté ont eu lieu en 2011 et en 2012. Amnesty International et Human Rights Watch documentent régulièrement ces restrictions dans leurs rapports annuels.
Depuis 2024, les autorités koweïtiennes conduisent une révision des naturalisations qu'elles estiment entachées de fraude. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont perdu la nationalité en un peu plus d'un an, selon les décomptes de la presse locale et des organisations de défense des droits humains, une part importante concernant des femmes étrangères naturalisées par mariage. Ces décisions entraînent la perte des droits sociaux attachés à la citoyenneté et alimentent les inquiétudes exprimées par les organes onusiens sur l'apatridie.
L'islam est la religion de l'État et la majorité des citoyens relèvent du sunnisme, les chiites représentant une minorité estimée entre un quart et un tiers du corps national. Des paroisses chrétiennes disposent de lieux de culte reconnus, fréquentés surtout par des résidents étrangers. Les hindous et les bouddhistes, pourtant nombreux parmi les travailleurs originaires d'Asie du Sud, ne bénéficient pas d'édifices officiellement autorisés.